Le déjà-vu

Le déjà-vu est l’une des expériences inhabituelles les plus répandues, et l’une des mieux étudiées.
Le terme
Il est forgé en français par le philosophe Émile Boirac à la fin du XIXe siècle, et adopté tel quel par l’anglais et l’allemand.
Boirac s’intéressait par ailleurs aux phénomènes psychiques : le mot naît donc à la frontière des deux domaines.
Ce qui le caractérise
La définition retenue insiste sur un conflit : un sentiment de familiarité intense accompagné de la certitude que la situation est inédite.
C’est cette contradiction vécue qui distingue le déjà-vu d’un simple souvenir, et qui le rend si frappant.
Sa fréquence
Les enquêtes donnent une majorité de personnes ayant vécu au moins un épisode. Deux constantes ressortent : la fréquence décroît avec l’âge, et elle est plus élevée chez les personnes qui voyagent ou qui se souviennent de leurs rêves.
Les variantes décrites
La littérature distingue le déjà-vécu, sentiment d’avoir vécu la scène entière ; le déjà-visité, portant sur un lieu ; et le jamais-vu, son inverse — un lieu familier perçu soudain comme étranger.
Les hypothèses
Plusieurs pistes coexistent : un décalage bref dans le traitement de l’information, une reconnaissance partielle de configuration — un lieu inconnu partageant l’agencement d’un lieu connu — ou une activité particulière du lobe temporal.
Une lecture plus ancienne y voyait un rêve oublié revenant à la conscience. Aucune ne fait consensus.
Le conseil de Paula : notez où vous étiez et ce que vous faisiez dans les secondes précédentes. Les déjà-vu se produisent souvent dans des contextes proches, et vous le verrez au bout de quelques épisodes.
Pourquoi il intéresse les deux camps
Le déjà-vu occupe une position singulière : c’est une expérience étrange, très répandue, et suffisamment banale pour être étudiée en laboratoire.
Les chercheurs en mémoire y voient une porte d’entrée sur les mécanismes de reconnaissance. Ceux qui s’intéressent aux rêves y voient autre chose. Les uns et les autres travaillent sur le même matériau.
Le provoquer en laboratoire
Des protocoles ont tenté d’induire l’expérience, notamment en présentant des configurations spatiales proches de scènes vues auparavant sans que le sujet s’en souvienne.
Ces travaux vont dans le sens de l’hypothèse de la reconnaissance partielle, sans clore le sujet.
Voyez les perceptions, la prémonition, comprendre la parapsychologie et la synesthésie.
Questions fréquentes
Qui a inventé le terme déjà-vu ?
Le philosophe français Émile Boirac, à la fin du XIXe siècle. Le mot a été adopté tel quel par l’anglais et l’allemand.
Qu’est-ce que le jamais-vu ?
L’inverse du déjà-vu : un lieu ou une situation familiers perçus soudain comme totalement étrangers. La littérature le distingue du déjà-vécu et du déjà-visité.
Le déjà-vu est-il fréquent ?
Une majorité de personnes rapportent au moins un épisode. La fréquence décroît avec l’âge et augmente chez ceux qui voyagent ou se souviennent de leurs rêves.